Il existe un secret que connaissent tous les naturalistes : janvier est le mois d’or pour observer la faune sauvage. Pas le printemps avec ses naissances, pas l’automne avec ses couleurs. Non, janvier. Ce mois froid, austère, que beaucoup considèrent comme mort. Mais c’est précisément cette austérité qui révèle la vie. Car en janvier, la forêt se déshabille. Les feuilles sont tombées, les branches sont nues, la végétation basse a disparu. La forêt devient transparente. Et soudain, ce qui était caché se révèle. Les animaux, toujours là mais invisibles le reste de l’année, apparaissent enfin.
Depuis votre bungalow au Domaine du Bonsoy, vous êtes au cœur de cette révélation. Les forêts ardennaises qui vous entourent abritent une faune riche et discrète : chevreuils, sangliers, renards, blaireaux, castors, rapaces, oiseaux forestiers… En janvier, ils sont tous visibles. Il suffit de savoir regarder, de savoir attendre, de savoir respecter. Nous vous proposons un « Safari Givré », une aventure naturaliste au cœur de l’hiver ardennais. Préparez vos jumelles, enfilez vos bottes, ouvrez grand vos yeux : la faune vous attend.
Pourquoi Janvier est LE Mois Idéal pour Observer la Faune
La réponse tient en un mot : visibilité. En janvier, la forêt offre une transparence maximale. Voici pourquoi :
Les arbres sont nus : Sans feuillage, les branches ne cachent plus rien. Un chevreuil à 100 mètres, invisible en été, devient parfaitement visible en janvier. Les rapaces perchés, les nids abandonnés, les écureuils dans les fourches : tout se révèle.
La végétation basse a disparu : Les ronces, les fougères, les herbes hautes qui formaient un écran impénétrable en été sont maintenant couchées, gelées, absentes. Le sol forestier est dégagé. Les animaux au sol (sangliers, renards, blaireaux) ne peuvent plus se cacher.
La neige et le givre révèlent les traces : Chaque passage d’animal laisse une empreinte. La neige fraîche est un livre ouvert : qui est passé, quand, dans quelle direction, à quelle allure. Même sans neige, le givre matinal souligne les sentiers animaux.
Les animaux sont actifs en journée : En hiver, la nourriture se fait rare. Les animaux doivent consacrer plus de temps à la recherche de nourriture, y compris en journée. Les chevreuils, normalement crépusculaires, sortent souvent en milieu de journée pour brouter. Les oiseaux sont en quête constante de graines et d’insectes.
Moins de dérangement humain : En janvier, les randonneurs sont moins nombreux. La forêt est plus calme. Les animaux sont moins stressés, donc plus visibles. Ils reprennent leurs comportements naturels.
C’est cette combinaison de facteurs qui fait de janvier le mois d’or. Et depuis le Bonsoy, vous êtes idéalement placé pour en profiter.
Les Animaux à Observer autour du Bonsoy
La région de Hastière et de la vallée de la Meuse abrite une biodiversité remarquable. Voici les principaux animaux que vous pouvez observer en janvier :
Les Mammifères
Chevreuil (Capreolus capreolus)
Le plus commun et le plus gracieux. En janvier, les chevreuils sont en pleine période de survie hivernale. Ils broutent les jeunes pousses, les écorces, les bourgeons. On les voit souvent en lisière de forêt, au lever et au coucher du soleil, mais aussi en milieu de journée. Leur pelage d’hiver est épais et gris-brun. Les mâles ont perdu leurs bois (ils repousseront au printemps). Observez leur comportement d’alerte : oreilles dressées, regard fixe, puis bond spectaculaire s’ils se sentent menacés.
Sanglier (Sus scrofa)
Plus discret mais très présent. Les sangliers labourent le sol forestier à la recherche de racines, de glands, de vers. En janvier, on repère facilement leurs « boutis » : zones de terre retournée. Ils se déplacent en compagnie (femelles et jeunes), les mâles étant souvent solitaires. Observation difficile car très méfiants, mais les traces sont partout. Si vous en voyez un, gardez vos distances : un sanglier surpris peut charger.
Renard roux (Vulpes vulpes)
Le plus rusé. En janvier, c’est la période de reproduction des renards. Les mâles parcourent de grandes distances pour trouver des femelles. On les voit parfois traverser les chemins en plein jour. Leur pelage d’hiver est magnifique : roux flamboyant, queue touffue. Ils chassent les campagnols dans les prairies, bondissant en arc de cercle pour les capturer. Spectacle fascinant à observer.
Blaireau européen (Meles meles)
Le plus nocturne. Difficile à observer car strictement crépusculaire et nocturne. Mais en janvier, on peut repérer facilement leurs terriers (entrées larges, terre fraîchement remuée, latrines à proximité). Si vous êtes patient et que vous vous postez près d’un terrier actif au crépuscule, vous pourrez peut-être voir une famille sortir. Silence absolu requis.
Castor européen (Castor fiber)
Le plus aquatique. Réintroduit avec succès dans la vallée de la Meuse, le castor est maintenant bien présent. En janvier, on repère ses activités : arbres rongés au bord de l’eau, barrages, huttes. L’observation directe est rare (animal crépusculaire), mais les traces de son activité sont spectaculaires. Promenez-vous le long de la Meuse au lever du jour pour maximiser vos chances.
Les Oiseaux
Rapaces
Les falaises de la Meuse sont des sites de nidification privilégiés pour plusieurs espèces de rapaces. En janvier, on peut observer :
•Buse variable (Buteo buteo) : Très commune, souvent perchée sur un poteau ou un arbre mort, scrutant les champs à la recherche de campagnols.
•Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) : Reconnaissable à son vol stationnaire (« vol du Saint-Esprit ») au-dessus des prairies.
•Épervier d’Europe (Accipiter nisus) : Plus discret, chasse les petits oiseaux en forêt avec une agilité stupéfiante.
Oiseaux forestiers
En janvier, les oiseaux résidents sont très actifs :
•Pics (vert, épeiche, mar) : Leur tambourinage résonne dans la forêt. Ils cherchent insectes et larves sous l’écorce.
•Mésanges (charbonnière, bleue, nonnette) : Très actives, elles parcourent la forêt en bandes bruyantes.
•Sittelle torchepot : Acrobate des troncs, elle descend la tête en bas.
•Grimpereau des jardins : Minuscule, il monte en spirale le long des troncs.
Oiseaux d’eau
Sur la Meuse et les ruisseaux :
•Martin-pêcheur d’Europe : Joyau bleu électrique, il pêche depuis un perchoir au-dessus de l’eau.
•Héron cendré : Immobile au bord de l’eau, patient pêcheur.
•Canards (colvert, fuligule) : Présents toute l’année, plus visibles en hiver.
Techniques d’Observation Discrète et Respectueuse
Observer la faune sauvage n’est pas qu’une question de chance. C’est une discipline qui demande patience, discrétion, respect. Voici les techniques essentielles :
Le silence
C’est la règle d’or. Parlez à voix basse, évitez les bruits soudains. Marchez lentement, posez vos pieds avec précaution. Évitez les vêtements qui bruissent (Gore-Tex bruyant). Les animaux ont une ouïe exceptionnelle : un simple craquement de branche peut les faire fuir.
L’immobilité
Les animaux détectent le mouvement avant tout. Si vous voulez observer, trouvez un poste d’observation (arbre, rocher, lisière) et restez immobile. Longtemps. 20 minutes, 30 minutes, une heure. C’est difficile, mais c’est ainsi que la forêt reprend vie autour de vous. Les animaux réapparaissent, oublient votre présence.
Le vent
Positionnez-vous toujours face au vent ou vent de côté. Jamais vent dans le dos. Les animaux ont un odorat très développé. S’ils sentent votre odeur, ils fuient. Vérifiez la direction du vent avec un briquet, une pincée de terre fine, ou simplement en humidifiant votre doigt.
Les vêtements
Portez des couleurs neutres (vert, brun, gris). Évitez le blanc (trop visible), le noir (contraste trop fort), les couleurs vives. Pas de parfum, pas de déodorant fort. Couvrez vos mains (gants) et votre visage (cache-cou) si nécessaire : la peau claire est très visible.
Les heures
Les meilleures heures sont l’aube et le crépuscule. Mais en janvier, comme expliqué, les animaux sont actifs toute la journée. Le milieu de matinée (9h-11h) et le milieu d’après-midi (14h-16h) sont excellents pour les chevreuils et les oiseaux.
Les jumelles
Indispensables. Privilégiez des jumelles 8×42 ou 10×42 : bon grossissement, bonne luminosité. Apprenez à les utiliser rapidement : repérez l’animal à l’œil nu, puis amenez les jumelles sans quitter l’animal du regard.
La patience
C’est la vertu du naturaliste. Ne vous découragez pas si vous ne voyez rien les 30 premières minutes. La forêt a son rythme. Respectez-le. Parfois, une sortie de 3 heures ne donne qu’une seule observation. Mais quelle observation ! C’est ça, la magie.
Lecture des Traces dans la Neige et la Boue
Même si vous ne voyez pas les animaux, vous pouvez lire leur présence à travers leurs traces. C’est une science fascinante, le « pistage ». Voici les bases :
Empreintes de chevreuil
Deux sabots allongés et pointus, formant un « cœur ». Taille : 4-5 cm de long. Démarche : pas réguliers, souvent en ligne droite. En cas de fuite : bonds longs (jusqu’à 6 mètres), empreintes groupées.
Empreintes de sanglier
Deux sabots larges et arrondis, avec souvent les gardes (doigts latéraux) visibles derrière. Taille : 6-8 cm de long. Démarche : pas irréguliers, zigzagants (l’animal fouille en marchant).
Empreintes de renard
Quatre doigts et coussinets, formant un ovale allongé. Taille : 5-6 cm de long. Démarche : pas réguliers, souvent en ligne droite (le renard économise son énergie). Différence avec le chien : empreinte plus fine, coussinets centraux plus rapprochés.
Empreintes de blaireau
Cinq doigts avec griffes longues et visibles. Taille : 6-7 cm de large. Démarche : pas lourds, pieds tournés vers l’intérieur. Souvent accompagnés de traces de griffage (le blaireau gratte le sol).
•Crottes : Chaque espèce a ses crottes caractéristiques. Chevreuil : petites billes noires. Sanglier : boudins épais. Renard : boudins fins avec poils et os. Blaireau : latrines (trous peu profonds).
•Poils : Sur les barbelés, les écorces, les ronces. Couleur et texture renseignent sur l’espèce.
•Restes de repas : Pommes de pin rongées (écureuil), coquilles d’escargots cassées (grive), os rongés (renard, blaireau).
•Arbres rongés : Castor (copeaux gros, tronc en pointe de crayon), chevreuil (écorce arrachée en lambeaux), cerf (écorce frottée, branches cassées).
Emportez un petit carnet et dessinez les empreintes que vous trouvez. Notez la date, le lieu, la météo. Avec le temps, vous deviendrez expert.
Meilleurs Spots autour du Bonsoy
Depuis le Bonsoy, plusieurs sites sont particulièrement propices à l’observation :
Forêt de Freÿr
Forêt mixte (feuillus et résineux) avec relief varié. Excellente pour chevreuils, sangliers, oiseaux forestiers. Plusieurs sentiers balisés. Conseil : Prenez le sentier qui monte vers les rochers de Freÿr, postez-vous en hauteur au lever du soleil, observez les lisières en contrebas.
Vallée de l’Hermeton
Vallée encaissée, ruisseau, forêt dense. Idéale pour castors (traces d’activité nombreuses), martin-pêcheur, héron. Sentier le long du ruisseau. Conseil : Marchez très lentement, arrêtez-vous souvent, scrutez les berges.
Bords de Meuse à Waulsort
Fleuve, roselières, falaises. Parfait pour oiseaux d’eau, rapaces, castors. Balade accessible et spectaculaire. Conseil : Tôt le matin, brume sur l’eau, lumière magique, animaux actifs.
Plateau de Hastière
Prairies, haies, bosquets. Excellent pour renards (chasse aux campagnols), rapaces (buses, crécerelles), chevreuils (lisières). Paysage ouvert, observation à distance. Conseil : Jumelles indispensables, restez sur les chemins, scannez les lisières.
Forêt autour du Bonsoy
Directement depuis votre bungalow ! Les forêts environnantes sont riches. Promenez-vous sans but, à l’affût. Parfois, les meilleures observations se font à 500 mètres de votre porte.
Équipement Recommandé
Pour un safari givré réussi, voici l’équipement essentiel :
Jumelles : 8×42 ou 10×42, bonne marque (Nikon, Zeiss, Swarovski si budget). Indispensables.
Vêtements chauds et discrets : Plusieurs couches (technique, polaire, doudoune), couleurs neutres, pas de bruit. Bonnet, gants, cache-cou.
Chaussures : Bottes ou chaussures de randonnée imperméables, semelles silencieuses. Pieds au chaud = patience prolongée.
Carnet et crayon : Noter observations, dessiner empreintes, tenir journal naturaliste.
Appareil photo (optionnel) : Si vous voulez immortaliser, privilégiez téléobjectif (300mm minimum). Mais parfois, mieux vaut observer sans écran interposé.
Thermos : Boisson chaude (thé, café, bouillon). Réconfort lors des longues attentes.
Guide d’identification : Petit livre de poche sur mammifères et oiseaux d’Europe. Utile pour confirmer identifications.
Lampe frontale : Si vous partez avant l’aube ou rentrez après le crépuscule.
Respect et humilité : L’équipement le plus important. Vous êtes l’invité de la forêt, pas son maître.
Éthique de l’Observation de la Faune Sauvage
Observer la faune, c’est un privilège. Cela implique des responsabilités :
Ne jamais déranger : Si un animal modifie son comportement à cause de vous (fuite, alerte, arrêt d’alimentation), c’est que vous êtes trop proche ou trop bruyant. Reculez.
Ne jamais nourrir : Nourrir les animaux sauvages perturbe leur régime alimentaire, les rend dépendants, modifie leurs comportements naturels. C’est interdit et dangereux (pour eux et pour vous).
Ne jamais toucher : Même un jeune animal apparemment abandonné. Les parents sont souvent à proximité. Votre odeur sur le jeune peut causer son rejet. En cas de doute, contactez un centre de revalidation de la faune.
Rester sur les sentiers : En hiver, les animaux économisent leur énergie. Les faire fuir les épuise. Restez sur les chemins balisés, ne coupez pas à travers bois.
Pas de chien en liberté : Même le chien le plus gentil peut stresser la faune. Tenez-le en laisse, surtout en forêt.
Discrétion totale : Ne signalez pas publiquement (réseaux sociaux) les lieux précis d’observation d’espèces sensibles (terriers de blaireaux, nids de rapaces). Cela attire les curieux et dérange les animaux.
Photographier avec respect : Ne vous approchez pas trop pour « la photo parfaite ». Utilisez un téléobjectif. Ne flashez jamais un animal de nuit (cécité temporaire).
L’observation éthique, c’est observer sans être vu, sans être entendu, sans laisser de trace. C’est l’art de l’invisibilité.
Créer Votre Journal Naturaliste
Une excellente façon d’approfondir votre expérience est de tenir un journal naturaliste. Voici comment :
Format : Carnet robuste, imperméable si possible. Ou application smartphone (iNaturalist, par exemple).
•Date, heure, lieu précis, météo
•Espèce observée (ou tentative d’identification)
•Nombre d’individus, sexe/âge si identifiable
•Comportement observé (alimentation, déplacement, alerte, etc.)
•Habitat (forêt, lisière, prairie, rivière)
•Traces et indices (empreintes, crottes, restes de repas)
•Croquis rapide (même maladroit, c’est utile)
•Vos impressions, vos questions
•Vous progressez : en relisant, vous identifiez patterns et habitudes animales
•Vous contribuez : vos données peuvent être partagées avec naturalistes locaux
•Vous créez des souvenirs : dans 10 ans, vous relirez avec émotion
•Vous apprenez : noter oblige à observer plus finement
Certains de nos hôtes au Bonsoy tiennent un journal naturaliste durant leur séjour. Certains reviennent chaque année et comparent leurs observations. C’est une façon magnifique de s’ancrer dans un lieu, de le connaître intimement.
Janvier n’est pas un mois mort. C’est un mois révélateur. Un mois où la nature, dépouillée de ses artifices, montre son essence. Les animaux sont là, toujours là, vivant leur vie discrète et fascinante. Il suffit de savoir regarder. Depuis votre bungalow au Bonsoy, vous avez accès à ce spectacle permanent. Alors, enfilez vos bottes, prenez vos jumelles, et partez en safari givré. La forêt vous attend. Les chevreuils broutent à la lisière. Le renard traverse le sentier. Le martin-pêcheur plonge dans la Meuse. Et vous, immobile et silencieux, vous êtes le témoin privilégié de cette vie sauvage. C’est ça, le vrai luxe : être là, simplement, au cœur de la nature qui se révèle. Bon safari.