Published On: août 20, 2026Categories: Faune et Flore

Virelles, l’étang où la Wallonie apprend à regarder

Il y a des lieux qui exigent qu’on baisse la voix. L’étang de Virelles est de ceux-là. À une cinquantaine de minutes du Domaine du Bonsoy, quelque part entre Chimay et la frontière française, quatre-vingts hectares d’eau libre s’étendent sous un ciel immense, bordés de roselières qui bruissent au moindre souffle. On y arrive en voiture, distraitement, et l’on en repart trois heures plus tard avec cette impression étrange d’avoir appris quelque chose sur soi.

Car Virelles n’est pas un parc animalier. Personne n’y met en scène la nature. C’est une réserve naturelle vivante, gérée par l’asbl Virelles-Nature — une création de Natagora en collaboration avec le WWF — où l’on vous confie simplement un sentier, quelques observatoires et le temps qu’il faut. Le reste dépend de votre patience. Un héron cendré immobile pendant vingt minutes, un martin-pêcheur qui traverse le champ de vision comme une étincelle bleue, le vol lourd d’un grand cormoran au ras de l’eau : ce sont là des récompenses qui ne se commandent pas.

Et il se trouve que la fin du mois d’août et le début de l’automne constituent l’un des moments les plus fascinants de l’année pour s’y rendre. Les oiseaux migrateurs commencent à faire halte, les libellules dominent encore les berges, la lumière rase de septembre allonge les ombres sur l’eau. Voici pourquoi nous conseillons ce détour à nos voyageurs, et comment en tirer le meilleur.

Un étang qui a traversé les siècles

L’étang de Virelles n’est pas un accident de la géologie. Comme beaucoup de grandes pièces d’eau de l’Entre-Sambre-et-Meuse, il est né de la main de l’homme : les maîtres de forges de la région avaient besoin d’énergie hydraulique, et l’on a barré le vallon pour constituer une réserve d’eau. Ce qui devait servir l’industrie est devenu, avec le temps, l’un des sanctuaires ornithologiques les plus précieux de Belgique.

Cette histoire, l’Aquascope la raconte dès l’entrée, dans un cabinet de curiosités qui expose l’évolution du site et les liens tissés entre l’étang et les habitants qui l’ont façonné. C’est une belle manière de commencer : on comprend que ce paysage apparemment sauvage est en réalité un héritage, et qu’il se défend.

Un étang n’est jamais tout à fait le même deux jours de suite. C’est ce qui décourage les pressés et ravit les patients.

Aujourd’hui, l’Aquascope Virelles est officiellement la porte d’entrée du Parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse, ce vaste territoire protégé que nous vous avions présenté dans notre article consacré au Parc National de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Virelles en est le seuil, le point de départ naturel.

Ce que l’on découvre sur place

La visite se déroule à votre rythme. Comptez 1h30 au minimum, une journée entière si vous prenez goût à la chose. Le site se parcourt comme une succession de petits mondes.

Le sentier de découverte et ses observatoires

C’est le cœur de l’expérience. Un cheminement accessible à tous longe l’étang, ponctué de panneaux didactiques et surtout d’observatoires en bois d’où l’on scrute la surface de l’eau à l’abri des regards. Les meilleurs moments se situent tôt le matin et en fin d’après-midi, lorsque la lumière est basse et que les oiseaux se remettent en mouvement.

La Drink Station

Voilà un dispositif que les enfants adorent : un observatoire équipé d’une vitre sans tain, installé face à un point d’eau des jardins. Assis dans la pénombre, vous voyez sans être vu. Mésanges, pinsons, écureuils viennent boire à un mètre de vous. C’est saisissant, et c’est gratuit d’émotion.

Mésange bleue buvant à un point d'eau, observée depuis la Drink Station de l'Aquascope Virelles
La Drink Station et sa vitre sans tain : voir sans être vu.

Le sentier pieds nus

Le « sentier des sens » invite à quitter ses chaussures pour éprouver, sous la plante des pieds, la mousse, l’écorce, les galets, le sable, la boue tiède. Une expérience toute simple, immensément populaire auprès des familles — et un plaisir coupable pour les adultes qui n’osent plus.

Pieds nus sur le sentier des sens de l'Aquascope Virelles, entre mousse et galets
Le sentier pieds nus, l’attraction préférée des familles.

Le jardin ethnobotanique

L’Aquascope abrite un centre ethnobotanique qui documente les usages traditionnels des plantes sauvages de la région de Chimay. Le jardin qui l’accompagne est une leçon vivante : ces herbes que l’on piétine sans les voir ont nourri, soigné, teint et parfumé des générations entières.

La Maison de l’Abeille Noire

L’abeille noire, sous-espèce indigène longtemps supplantée par des variétés importées, a ici sa maison et son rucher didactique. On y apprend pourquoi la préservation des pollinisateurs locaux est devenue un enjeu écologique majeur.

Le CREAVES

Le Centre de Revalidation pour Animaux Sauvages recueille et soigne les animaux blessés du territoire avant de les relâcher. C’est le versant discret et exigeant du site, celui qui rappelle que la contemplation a un coût et des gardiens.

Quand venir : le calendrier du regard

Vol d'oiseaux migrateurs au-dessus des roselières de l'étang de Virelles en septembre
En septembre, la migration bat son plein au-dessus des roselières.

Virelles ne se visite pas de la même manière en avril et en octobre. Voici comment nous conseillons de caler votre venue selon la saison de votre séjour au Bonsoy.

  • Fin août — Les libellules et demoiselles sont à leur apogée au-dessus des roselières. Les jeunes oiseaux de l’année sont sortis du nid et s’exercent maladroitement. Le site est ouvert tous les jours de 10h à 18h jusqu’au 31 août.
  • Septembre et octobre — La grande migration. Les limicoles font halte, les hirondelles se rassemblent en nuées avant le départ, les premiers hivernants arrivent. La lumière devient magnifique. Ouverture du mardi au dimanche, de 10h à 17h, du 1er septembre au 8 novembre.
  • Novembre à février — Le site est en grande partie fermé, mais deux rendez-vous subsistent : une journée d’ouverture exceptionnelle en accès gratuit le 13 décembre 2026 (11h-16h) et une ouverture quotidienne du 26 au 30 décembre 2026 (11h-16h).

À noter : l’Aquascope ouvre exceptionnellement ses portes les lundis 19 et 26 octobre 2026, de 10h à 17h, pour les vacances d’automne. Une aubaine si vous séjournez chez nous à ce moment-là.

Tarifs 2026 et bons plans

Les prix restent d’une remarquable douceur au regard de la qualité du site. Et l’astuce à retenir tient en une phrase : réservez en ligne jusqu’à douze heures avant votre venue et vous économisez un euro par adulte.

Formule Sur place En ligne
Adulte 10,00 € 9,00 €
Enfant 6 à 17 ans 6,00 € 5,00 €
Enfant de moins de 6 ans Gratuit
Étudiant (carte valide) 8,00 €
Membre Natagora, WWF, Natuurpunt 8,00 €
Plus de 65 ans 8,50 €
Personne à besoins spécifiques 6,50 €
Abonnement annuel adulte / enfant 30,00 € / 15,00 €

Les habitués prendront note de l’Aquapass à 70 €, valable six mois et — détail précieux — utilisable en dehors des heures d’ouverture. C’est la clé du site pour ceux qui rêvent d’être seuls sur la berge au lever du jour.

Les expériences qui sortent de l’ordinaire

Au-delà de la visite libre, l’Aquascope propose quelques rendez-vous que nous vous recommandons chaudement si votre séjour le permet.

  1. L’Aube sauvage — Une excursion intimiste et silencieuse à bord d’un rabaska, ce grand canot canadien, au lever du jour sur l’étang. La brume, les premiers cris, les rames qui plongent sans bruit. Peu d’expériences naturalistes belges rivalisent avec celle-là.
  2. L’Énigme du roseau — Un parcours-jeu à travers la réserve, taillé pour les familles avec enfants. On cherche, on déduit, on apprend sans s’en rendre compte.
  3. Les logements insolites — Le site propose de dormir au bord de l’étang, seuls au monde. Une idée à garder pour une deuxième escapade, car vous serez déjà très bien installés chez nous.
  4. Les formations ethnobotaniques — Pour ceux qui veulent apprendre à reconnaître et utiliser les plantes sauvages.

Emportez des jumelles. Si vous n’en avez pas, empruntez-en. C’est la différence entre « un oiseau blanc là-bas » et une aigrette garzette en train de pêcher.

Une journée idéale au départ du Bonsoy

Matin. Départ du Domaine du Bonsoy vers 9h. La route file par Philippeville et Couvin, à travers les plateaux de l’Entre-Sambre-et-Meuse — une belle traversée en soi. Arrivée à l’ouverture, à 10h : c’est le moment où l’étang est le plus animé et le parking encore vide. Commencez par le cabinet de curiosités, puis attaquez le sentier de découverte dans le sens des observatoires.

Midi. La Cantine de l’Aquascope, avec sa terrasse tournée vers la verdure, permet de déjeuner sans quitter les lieux. Vous pouvez aussi prévoir un pique-nique : le cadre s’y prête admirablement. Nos voyageurs qui aiment composer leur panier avant de partir trouveront des idées dans notre guide gourmand de l’été à Hastière.

Après-midi. Sentier pieds nus, jardin ethnobotanique, Maison de l’Abeille Noire et longue station à la Drink Station. Si vous avez de l’énergie à revendre, poussez ensuite jusqu’à Nismes pour découvrir le Fondry des Chiens, à une trentaine de minutes de Virelles — le contraste entre l’étang et le gouffre calcaire est spectaculaire.

Soir. Retour au Bonsoy à la tombée du jour, la tête pleine d’images. Une soirée tranquille sur la terrasse du bungalow, un verre à la main, à écouter la forêt s’endormir. C’est exactement pour cela que vous êtes venus.

Nos conseils de gîtes

Une journée à Virelles s’accorde particulièrement bien avec un séjour à Birdy, notre bungalow à l’ambiance ornithologique. Rentrer d’une matinée passée à identifier des hérons pour retrouver un intérieur qui célèbre les oiseaux : la boucle est jolie, et nos hôtes nous le disent souvent.

Bonne nouvelle également pour ceux qui voyagent accompagnés : les chiens sont les bienvenus à l’Aquascope, tenus en laisse. Nos bungalows le sont aussi, comme nous l’expliquions dans notre article sur le séjour avec votre compagnon à quatre pattes.

Si l’envie de nature vous tient, prolongez le fil : notre balade nature à Waulsort se fait à pied depuis le domaine, et notre article sur la sylvothérapie en forêt ardennaise vous donnera de quoi ralentir encore. Enfin, les amateurs de flore sauvage retrouveront à Virelles des espèces croisées dans les merveilles du Viroin.

Informations pratiques

  • Nom : Aquascope Virelles
  • Adresse : Rue du Lac 42, 6461 Virelles (Chimay)
  • Téléphone : +32 (0)60 21 13 63 (de 10h à 17h)
  • E-mail : info@aquascope.be
  • Site web : www.aquascope.be
  • Distance depuis le Domaine du Bonsoy : environ 50 minutes en voiture
  • Horaires 2026 : tous les jours 10h-18h jusqu’au 31 août ; du mardi au dimanche 10h-17h du 1er septembre au 8 novembre (plus les lundis 19 et 26 octobre) ; 13 décembre 11h-16h en accès gratuit ; du 26 au 30 décembre 11h-16h
  • Tarifs : adulte 10 € (9 € en ligne), enfant 6-17 ans 6 € (5 € en ligne), gratuit pour les moins de 6 ans
  • Durée conseillée : 1h30 à une journée
  • Parking : gratuit, parking vélo disponible (label « Bienvenue Vélo »)
  • Accessibilité : site certifié Access-i ; deux joëlettes disponibles sur réservation
  • Animaux : chiens admis, tenus en laisse
  • Restauration : La Cantine de l’Aquascope, sur place

Votre chambre avec vue sur les Ardennes

Virelles a ceci de particulier qu’il ne se consomme pas : il se mérite un peu, et il se prolonge. Rien ne remplace le fait de rentrer d’une telle journée dans un logement où l’on se sent chez soi, entouré d’arbres, loin du bruit. C’est précisément ce que nous nous efforçons d’offrir au Domaine du Bonsoy, à Hastière, avec nos trois bungalows — Birdy, Woody et Serenity.

Septembre et octobre sont, à notre humble avis, les deux plus beaux mois de l’année dans la vallée de la Meuse : les foules sont reparties, les forêts s’embrasent, et les tarifs sont plus doux. Le moment idéal, autrement dit, pour venir apprendre à regarder.

Réservez dès maintenant votre séjour au Domaine du Bonsoy et offrez-vous une escapade où le plus beau spectacle est celui que personne n’a mis en scène.

Sources

Go to Top