FIFF de Namur : quand la Meuse se met à faire son cinéma
Chaque automne, Namur change de lumière. Les brumes de la Meuse s’attardent un peu plus longtemps sur la Sambre, les terrasses se garnissent de plaids, et, dans les salles obscures du Delta et du Caméo, une autre magie opère : celle du grand écran francophone. Du 30 septembre au 4 octobre 2026, la capitale wallonne redevient, l’espace de cinq jours, une petite Croisette au bord de l’eau.
Le Festival International du Film Francophone de Namur, que tout le monde appelle simplement le FIFF, en est à sa 41e édition. Ses organisateurs la disent « plus courte mais tout aussi forte » : cinq jours au lieu de huit, mais une programmation qui rassemble des films venus de tous les horizons de la francophonie, des invitées de prestige et un public qui, chaque année, remplit les salles avec une ferveur touchante.
Pour qui séjourne aux Bungalows du Bonsoy, l’occasion est belle : une escapade au cinéma, une pause dans la ville de la Citadelle, puis le retour au silence des bois. Voici comment composer une parenthèse culturelle à un peu plus d’une heure de route de Blaimont.

Un festival qui a l’accent de chez nous
Le FIFF n’est pas un festival comme les autres. Il n’a ni tapis rouge démesuré ni barrières de sécurité : il a la taille humaine de Namur, la gourmandise de ses spectateurs et cette curiosité pour tous les cinémas qui se parlent en français, de Bruxelles à Dakar, de Montréal à Beyrouth.
Cette année, cinq compétitions rythment la semaine. Au total, on dénombre 83 séances, dont 47 ouvertes au public. Les projections se répartissent entre le Delta (espace culturel provincial), le cinéma Caméo et un chapiteau installé sur la Place d’Armes, ce qui donne à la ville des allures de kermesse cinéphile.
Deux films pour ouvrir et fermer le bal
- Ouverture, mercredi 30 septembre : Ni vue, ni connue, de Marc Fitoussi, avec Isabelle Huppert et Sandrine Kiberlain.
- Clôture, samedi 3 octobre : Demain, je tombe amoureux, de Martin Provost, avec Fabrice Luchini et Emmanuelle Devos.
Entre ces deux rendez-vous, la programmation multiplie les rencontres, les ateliers, les concerts et les échanges professionnels. Sandrine Kiberlain est attendue le soir de l’ouverture, Géraldine Nakache viendra présenter son film et dialoguer avec le public le 3 octobre, et l’actrice et réalisatrice Nicole Garcia, invitée d’honneur, sera à l’honneur avec une rétrospective de son œuvre et une rencontre le 1er octobre à 18 h.
« Il y a des villes qui ont un cinéma. Namur, pendant cinq jours, devient un cinéma. »
Comment s’y prendre : billets, pass et bon sens
La formule est simple et abordable. Une séance coûte 8 € en prévente, et un pass illimité est proposé à 60 € pour les plus assidus. À raison de deux ou trois films par jour, le pass devient rapidement un très bon calcul.
- Choisissez vos séances en amont sur le site officiel du festival : les places partent vite pour les films avec invités.
- Prévoyez du temps entre deux projections : Namur se parcourt à pied, et le trajet entre le Delta et le centre-ville est agréable.
- Arrivez à Namur en début d’après-midi : cela vous laisse le temps de vous garer et de flâner avant la première séance.

Namur avant, pendant, après le film
Une séance de cinéma ne suffit pas à remplir une journée. Namur, elle, s’y entend pour donner de l’épaisseur à vos escapades. La Citadelle, perchée au-dessus de la confluence, se gagne à pied ou en téléphérique, et son belvédère offre l’un des plus beaux points de vue sur la Meuse. Nous vous en parlions déjà dans notre article consacré à la Citadelle et à la vieille ville de Namur.
Le dimanche des musées
Autre bonne nouvelle : le dimanche 4 octobre, premier dimanche du mois, près de 190 musées de Belgique francophone et de l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai ouvrent gratuitement leurs portes. Si le festival vous a donné le goût de la culture, vous pouvez prolonger la fête sans dépenser un centime en billets.
Entre deux films, un peu de nature
La ville a une autre corde à son arc : cette année encore, elle a accueilli le Festival Nature Namur, dans ce même Delta. Et si l’esprit festif vous manque déjà, souvenez-vous des Fêtes de Wallonie, où Namur ne dormait plus.
Pourquoi le cinéma va si bien à la vallée de la Meuse
Il y a, dans le paysage mosan, quelque chose d’instinctivement cinématographique : les falaises qui découpent l’horizon, la rivière qui serpente comme un travelling, les brumes matinales qui donnent aux scènes un air de film noir. On comprend que les cinéastes francophones s’y sentent chez eux, et que le public y vienne chercher, autant que des films, une manière de regarder le monde.
Le FIFF prolonge cette sensibilité. Il ne s’adresse pas seulement aux professionnels, mais à ceux qui aiment simplement entrer dans une salle sans savoir exactement ce qu’ils y trouveront, et en ressortir avec une émotion, une question, un sourire. C’est une école de la curiosité, dont l’accueil est aussi chaleureux que celui d’un salon de famille.
Conseils de festivalier
- Osez un film que vous ne connaissez pas : les meilleures surprises d’un festival se cachent souvent dans les séances que personne n’a repérées.
- Privilégiez les rencontres : les échanges avec les équipes, comme celui prévu avec Nicole Garcia, donnent aux films une profondeur que la seule projection ne peut offrir.
- Prévoyez le retour : les séances de soirée se terminent tard ; un séjour en bungalow évite de courir après le dernier train.
- Emportez un pull : les salles de cinéma sont parfois fraîches, et le chapiteau de la Place d’Armes suit la météo d’octobre.
La route, premier plan-séquence
Gagner Namur depuis Blaimont, c’est déjà s’offrir une séquence. On quitte le domaine par les bois, on rejoint la Meuse, puis on la suit vers le nord en traversant Dinant, ses falaises, sa collégiale et ses toits d’ardoise, avant de voir la Citadelle de Namur se dessiner au loin. À la lumière de la fin septembre ou du début octobre, le trajet est un plaisir en soi : on hésiterait presque à arriver.
Une fois sur place, laissez la voiture dans un parking du centre et poursuivez à pied. Les rues de Namur, entre la Place d’Armes et les bords de Sambre, se parcourent sans hâte, et chaque café a sa façon de vous inviter à prolonger la soirée par une discussion sur le film que vous venez de voir.
Suggestion de programme : une journée de cinéphile
- Matin : petit-déjeuner tranquille au Bonsoy, puis route vers Namur en suivant la Meuse, un trajet qui fait déjà partie du voyage.
- Midi : déjeuner dans le centre-ville, à proximité du chapiteau de la Place d’Armes.
- Après-midi : première séance au Caméo ou au Delta, puis promenade jusqu’à la Citadelle pour le panorama.
- Soir : séance de 18 h ou de 20 h, rencontre avec l’équipe d’un film si l’occasion se présente, retour nocturne vers Blaimont, l’esprit encore plein d’images.
Pour prolonger le plaisir de la culture, n’hésitez pas à redécouvrir nos Journées du Patrimoine ou l’univers singulier de la maison de Monsieur Sax à Dinant, tout aussi cinématographique à sa façon.

Informations pratiques
- Événement : 41e Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF)
- Dates : du 30 septembre au 4 octobre 2026
- Lieux : Delta – Espace culturel provincial, Avenue Fernand Golenvaux 18, 5000 Namur ; cinéma Caméo ; chapiteau de la Place d’Armes
- Tarifs : 8 € la séance, 60 € le pass illimité (en prévente)
- Site officiel : fiff.be
- Depuis le Bonsoy : environ 1 heure de route

Le cinéma, puis le silence
Il est des soirs où l’on sort d’un film avec la tête pleine d’histoires et l’envie de les laisser mûrir loin du bruit. Pour cela, rien ne vaut la Serenity, notre bungalow niché dans la nature, où le seul écran est celui des étoiles.
Le week-end approche et les places se font rares : réservez dès maintenant votre séjour aux Bungalows du Bonsoy et offrez-vous un automne en deux temps, entre lumière des salles et calme des Ardennes.


