Published On: octobre 6, 2026Categories: Culture

Dinant à fresque ouverte : huit murs peints au bord de la Meuse

On connaît Dinant par ses falaises, son clocher en bulbe et sa Meuse qui s’étire sous la Citadelle. On la connaît un peu moins par ses murs. Depuis 2022, pourtant, la ville s’est mise à les peindre, un par un, sans bruit, jusqu’à former un parcours que l’on peut désormais suivre à pied, gratuitement, en rentrant déjeuner.

Fin septembre, ce parcours a été inauguré officiellement, à l’occasion du festival VRAC et en même temps que Dinant Montmartre fêtait ses trente ans. Les peintres sont repartis, les stands ont été rangés, mais les fresques, elles, sont restées. C’est une bonne nouvelle pour qui cherche, en octobre, une sortie qui ne dépende ni du soleil ni d’un billet d’entrée.

Depuis le Bonsoy, il faut compter une vingtaine de minutes de route. Voici comment organiser une journée autour de ces murs.

Fresque peinte sur un pignon de brique dans une petite ville mosane

Huit fresques, une ville en toile de fond

Le parcours réunit huit fresques monumentales, réparties dans le centre et les quartiers qui l’entourent. On les trouve dans le tunnel piétonnier de la rue Sodar, dans les quartiers Saint-Roch et Saint-Nicolas, près de la gare, à Leffe et à l’Académie des Beaux-Arts. Rien n’oblige à tout voir d’un coup : on peut découper le trajet en deux promenades, ou le glisser entre une visite et un déjeuner.

Les artistes viennent de Belgique, de France, de Suisse, d’Ukraine, de Pologne, d’Afrique et d’Amérique latine. Ils ont peint là, au fil des éditions depuis 2022, des scènes très différentes les unes des autres, ce qui évite l’impression de série qui gâche parfois ce genre de circuit. Parmi les œuvres citées par la presse locale : La partie de billes, qui couvre 130 m², A Ma Zone, près de la gare, et Saut d’Art, dans un passage souterrain.

Une fresque ne se regarde pas comme un tableau. On la croise, on recule de trois pas sur le trottoir, on se fait klaxonner, on recule encore.

Le tunnel de la rue Sodar et les passages souterrains

Les murs les plus surprenants ne sont pas forcément les plus hauts. Dans le tunnel piétonnier de la rue Sodar, la peinture accompagne le passage, et l’on marche littéralement dans l’œuvre. On a presque envie de ralentir le pas.

Le principe est le même avec Saut d’Art, dans un passage souterrain : un endroit que l’on traverse d’habitude en pressant le pas devient, pour une fois, un but en soi. C’est sans doute ce qui rend la démarche intéressante : elle ne cherche pas à embellir les lieux déjà beaux, mais à réveiller ceux que l’on ne regardait plus.

Tunnel piétonnier couvert de fresques et de graffitis

Un festival, des artistes, et une vraie vie de quartier

Le parcours n’est pas né d’un coup de baguette. Il est porté par le centre culturel de Dinant, qui a coordonné les différentes éditions, et il a trouvé son relais avec le festival VRAC, organisé en septembre dans l’ancien magasin Match. Pendant deux jours, des graffeurs venus de toute l’Europe y ont peint en public. Le week-end avait aussi une portée plus large : Dinant Montmartre, qui fêtait ses trente ans, a réuni plus de 250 exposants dans les rues du centre.

Cette double actualité dit quelque chose de la ville. Dinant n’est pas qu’une cité à visiter, c’est aussi un endroit où l’on fait de la place aux artistes, sur les murs comme sur les trottoirs.

Main gantée tenant une bombe de peinture contre un mur

Visiter avec un guide

Lors de l’inauguration, le centre culturel a annoncé des visites guidées gratuites, sans inscription, au départ de l’ancien magasin Match le samedi à 11 h. Nous n’avons pas trouvé de calendrier officiel indiquant jusqu’à quelle date elles sont maintenues : avant de vous déplacer, un coup de fil au centre culturel de Dinant vous évitera un aller-retour à vide.

Et les codes QR

Les organisateurs ont également prévu d’ajouter sur place des codes QR pour donner des informations sur chaque œuvre : artiste, année, démarche. Ils ne sont peut-être pas encore tous posés, mais la démarche mérite d’être signalée, car elle transforme la promenade en petit cours d’histoire de l’art en plein air.

Comment regarder une fresque quand on n’y connaît rien

La question revient souvent, et la réponse est simple : on n’a pas besoin de savoir. Commencez par la distance. Une fresque de cette taille se lit en deux temps, de loin pour la composition, de près pour le grain, les coulures, les endroits où le peintre a hésité. Regardez ensuite ce qu’il y a autour : une fenêtre, un tuyau de gouttière, une porte de garage. Les meilleurs artistes de rue jouent avec ces contraintes plutôt que de les ignorer.

Cherchez aussi la lumière. La même peinture n’a pas la même couleur à dix heures et à seize heures, surtout dans une vallée encaissée comme celle de la Meuse. Si vous avez un appareil photo, revenez à une deuxième heure sur l’œuvre qui vous a le plus plu : vous ne la reconnaîtrez presque pas.

Enfin, parlez-en. Un enfant de huit ans dira en une phrase ce qu’un adulte met dix minutes à formuler. Les fresques sont faites pour cela, pour qu’on s’arrête et que l’on dise « Moi, je vois un bateau », « Moi, une main qui s’en va ».

Octobre à Dinant : ce qu’il faut savoir avant de partir

L’arrière-saison a ses avantages. Les rues sont moins fréquentées, on trouve plus facilement une place en terrasse, et l’on peut flâner sans regarder sa montre. Elle a aussi ses contraintes : la lumière baisse tôt, certains établissements ferment un ou deux jours par semaine, et le temps tourne vite. Prenez une veste imperméable légère et des chaussures qui supportent les pavés mouillés.

Côté stationnement, le centre de Dinant est assez dense le week-end. Si vous venez en voiture, mieux vaut vous garer un peu en retrait et finir à pied : le parcours se prête bien à cette façon de faire.

Avant ou après les murs, se poser au bord de l’eau

Une marche urbaine, même courte, creuse l’appétit. Dinant ne manque pas d’endroits où se poser : les terrasses du quai, les pâtisseries, les petites tables du quartier de Leffe. Les couques locales, ces biscuits au miel d’une dureté légendaire, se glissent bien dans un sac pour le retour. Nous vous parlons de leur histoire dans un article précédent.

Et si le temps se lève, prolongez par un coup d’œil à la Meuse. L’automne y est doux, l’eau y est calme, et les falaises prennent en fin d’après-midi une couleur que la peinture des fresques n’arrivera jamais tout à fait à rendre.

La Meuse à Dinant en fin de journée, terrasse de café au premier plan

Une journée type, au départ du Bonsoy

  1. Matin : départ du Bonsoy, arrivée à Dinant vers 10 h. Premier café en ville, puis départ du parcours : tunnel de la rue Sodar, quartier Saint-Roch. Si un samedi vous convient, rendez-vous à 11 h à l’ancien magasin Match pour la visite guidée, sous réserve de confirmation.
  2. Midi : déjeuner à Dinant, dans le quartier de la gare ou près du quai. Les restaurants se remplissent vers 12 h 30, mieux vaut arriver un peu avant.
  3. Après-midi : la suite du parcours : gare, Saint-Nicolas, Leffe, Académie des Beaux-Arts. Pause au bord de la Meuse, et pourquoi pas une couque pour la route.
  4. Soir : retour au calme au Bonsoy. Après une journée de pavés, une assiette chaude et la forêt qui s’endort : le contraste fait du bien.

Informations pratiques

Quoi Parcours de huit fresques monumentales dans le centre de Dinant et ses quartiers
Où Tunnel de la rue Sodar, Saint-Roch, Saint-Nicolas, gare, Leffe, Académie des Beaux-Arts
Prix Gratuit, accès libre
Visites guidées Gratuites, annoncées le samedi à 11 h depuis l’ancien magasin Match, sans inscription (à confirmer auprès du centre culturel)
Organisation Centre culturel de Dinant
Durée conseillée deux à trois heures, selon le rythme
Depuis le Bonsoy environ 20 minutes en voiture

Pour aller plus loin à Dinant

Quelques idées pour compléter la sortie, à glisser avant ou après le parcours :

Se retirer après la ville

Après une journée de trottoirs et de couleurs, on est content de retrouver du silence. Le bungalow Serenity fait exactement cela : une immersion dans la nature, des fenêtres ouvertes sur les arbres, et le calme qui retombe d’un coup, comme une bâche que l’on retire d’un mur fraîchement peint.

Une escapade à Dinant vous tente ? Réservez votre séjour au Domaine du Bonsoy et profitez de l’arrière-saison, quand les villes se vident un peu et que les murs, eux, ont enfin le temps de se laisser regarder.

Sources

Go to Top