Published On: septembre 15, 2026Categories: Histoire

Treignes : cent mille ans d’humanité au Musée du Malgré-Tout

Il y a des noms de musées qui intriguent avant même que l’on ait poussé la porte. « Malgré-Tout » : on imagine une devise, une obstination, peut-être une revanche. La réalité est plus belle encore — c’est le nom du lieu-dit où furent menées les premières fouilles, et il a fini par coller à l’esprit de la maison : chercher, exhumer, comprendre, malgré tout.

À Treignes, dans ce petit village du Viroinval que l’on surnomme le « village des musées », le Musée du Malgré-Tout raconte l’histoire humaine de l’Entre-Sambre-et-Meuse depuis l’homme de Néandertal jusqu’à la fin de l’époque gallo-romaine. Derrière le bâtiment s’étend un parc où l’on a rebâti, grandeur nature, les habitats des premiers Européens. Et dans ses salles d’exposition temporaire se tient jusqu’au 13 novembre 2026 sa centième exposition.

Le tout à environ 30 minutes de route des Bungalows du Bonsoy. Autant dire une sortie d’automne idéale : couverte, passionnante, et parfaitement calibrée pour une demi-journée en famille.

Un musée d’archéologie né d’une association de chercheurs

Le Musée du Malgré-Tout est porté par le Cedarc, un centre d’études et de documentation archéologiques constitué en ASBL. Cela change tout : on n’est pas ici devant une vitrine décorative, mais devant le produit de fouilles réelles, menées dans la région, publiées, discutées. Le musée dispose d’un centre de documentation, d’une bibliothèque scientifique et de ses propres éditions.

Le parcours permanent est consacré à l’art et à l’archéologie de la Préhistoire et de l’Antiquité. On y remonte le fil : les premiers occupants de nos vallées, les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique, les Néandertaliens dont l’Entre-Sambre-et-Meuse a livré tant de traces, puis les sociétés agricoles, et enfin la longue empreinte gallo-romaine.

Un musée d’archéologie réussi ne vous montre pas des objets : il vous montre des gestes. Une lame retouchée, une molaire de mammouth, une pierre de calage — et soudain, quelqu’un a vécu là.

Lames de silex et molaire de mammouth exposées dans une vitrine de musée
Des gestes plutôt que des objets : lames retouchées et molaire de mammouth.

L’objet du mois est d’ailleurs une belle illustration de cette proximité : une molaire de mammouth mise au jour au Trou du Poilu à Petigny, sur la commune de Couvin, à une vingtaine de kilomètres de Treignes. Le mammouth, ici, n’est pas une abstraction de manuel scolaire. Il a marché dans nos vallées.

Le Parc de la Préhistoire : six habitats reconstitués en plein air

À l’arrière du musée s’étend ce qui constitue, pour beaucoup de visiteurs, le vrai coup de cœur : le Parc de la Préhistoire. Six évocations d’habitats paléolithiques y ont été bâties en plein air, selon les plans au sol relevés lors de fouilles européennes et selon les comparaisons ethnographiques disponibles.

Habitat paléolithique reconstitué en plein air au Parc de la Préhistoire de Treignes
Six évocations d’habitats paléolithiques sont bâties en plein air derrière le musée.

Les six sites représentés couvrent une amplitude vertigineuse :

  1. Pont-de-Lavaud, à Eguzon dans l’Indre — 1 200 000 ans
  2. Cerisier, en Dordogne — 18 000 ans
  3. Méziritch, en Ukraine — 16 000 ans
  4. Plateau Parrain, en Dordogne — 15 500 ans
  5. Gönnersdorf, en Rhénanie — 12 700 ans
  6. Le Closeau, dans les Hauts-de-Seine — 12 500 ans

Le musée est d’une honnêteté rafraîchissante sur la nature de ce travail : il parle d’évocations plutôt que de reconstitutions. L’inconnu, et donc l’imaginaire, y jouent un rôle considérable. C’est précisément ce qui rend la promenade passionnante — on ne vous vend pas une certitude, on vous montre une hypothèse, et on vous explique sur quoi elle repose.

L’habitat du Closeau a été rebâti lors de la Fête de l’Archéologie 2016 ; ceux de Gönnersdorf et de Pont-de-Lavaud font l’objet de chantiers que l’on peut parfois surprendre en activité. Voir une équipe lier des perches et tendre des peaux vaut tous les panneaux explicatifs du monde.

« Égypte Pluri’elles » : la centième exposition temporaire

Depuis 1984, le Musée du Malgré-Tout organise deux expositions temporaires par an. La centième est à l’affiche en ce moment, et elle vaut le détour.

« Égypte Pluri’elles ». L’Égypte ancienne au féminin se tient du 26 avril au 13 novembre 2026. Le propos ? Sortir des reines et des déesses pour regarder celles dont on parle beaucoup moins : les maîtresses de maison, les artisanes, les prêtresses. Celles qui ont façonné la société pharaonique en tenant ensemble le domestique, le sacré, le politique et l’économique.

Plus de cent pièces archéologiques y révèlent la diversité des statuts, des rôles et des trajectoires de ces « éternelles femmes du Nil », de la période prédynastique à l’époque gréco-romaine. Une approche originale, et une excellente raison de programmer votre visite avant la mi-novembre.

Une visite pensée pour les familles

Le musée ne se contente pas d’être savant, il est accueillant — et c’est un exercice plus difficile qu’il n’y paraît. Pour les enfants : carnets d’exploration, jeux, bibliothèque. Plus de trente activités et ateliers différents sont proposés aux petits comme aux grands, et des rendez-vous famille sont organisés chaque week-end, pendant les congés scolaires et les jours fériés.

Quelques points concrets que les parents apprécieront :

  • Le site est accessible aux personnes à mobilité réduite, avec parking et commodités adaptées.
  • Les animaux sont acceptés — un détail qui compte pour nos hôtes qui voyagent avec leur chien.
  • La durée de visite est d’une à deux heures : le format parfait pour une matinée ou une après-midi, sans lassitude.
  • Une boutique propose livres du Cédarc (dès 2 €), peluches et porte-clés (dès 4 €), cartes postales (0,50 €) et magnets (dès 5 €).

Et chaque week-end de Pentecôte depuis plus de trente ans, le musée organise sa Fête de l’Archéologie — à noter dans un coin de votre agenda si vous revenez au printemps.

Tarifs et horaires 2026

Catégorie Tarif
Enfants de moins de 6 ans Gratuit
Enfants de 6 à 18 ans 3 €
Étudiants 5 €
Seniors 5 €
Adultes 7 €
Premier dimanche du mois Gratuit pour tous

Le musée est ouvert tous les jours : du lundi au vendredi de 9h30 à 17h30, les week-ends et jours fériés de 10h30 à 18h. Fermetures annuelles : les 1er janvier, 24, 25 et 31 décembre. Les tarifs de groupe s’appliquent dès dix personnes, et l’entrée est gratuite pour les groupes scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le musée fait par ailleurs partie du réseau museumPASSmusées (59 €/an pour plus de 250 musées) et accepte l’article 27, l’Archéopass et l’Educpass.

Une journée idéale à Treignes et dans le Viroin

Rue d'un village de pierre de la vallée du Viroin un matin d'automne
La vallée du Viroin en octobre : la plus belle route pour rejoindre Treignes.

Matin — la route du Viroin

Quittez le Bonsoy par Hastière et Doische, puis remontez vers Vierves-sur-Viroin — l’un des plus beaux villages de Wallonie, que nous vous conseillons de traverser lentement. Comptez une trentaine de minutes jusqu’à Treignes.

Midi — le musée et son parc

Arrivez pour l’ouverture et commencez par les collections permanentes, puis enchaînez sur « Égypte Pluri’elles ». Gardez le Parc de la Préhistoire pour la fin : les enfants y courent d’une hutte à l’autre, et l’air frais après une heure de vitrines fait le plus grand bien. Treignes étant le « village des musées », vous pouvez déjeuner sur place sans difficulté.

Après-midi — le Viroin en version nature ou vapeur

Deux options, selon l’humeur. La première, contemplative : monter au Fondry des Chiens, à Nismes, ce gouffre calcaire que l’on surnomme le Grand Canyon belge et dont les pelouses prennent en octobre des teintes superbes. La seconde, nostalgique : embarquer à bord du train à vapeur des Trois Vallées, dont Treignes est justement le terminus.

Si vous voyagez avec des enfants qui en redemandent, l’Espace Arthur Masson, à deux pas, prolonge la journée dans un tout autre registre : celui du village wallon des années 1930.

Soir — retour au calme du domaine

Le retour vers Hastière prend une demi-heure. C’est l’heure où la vallée se referme sur elle-même, où l’on allume la première bûche de la saison et où les enfants racontent les mammouths à qui veut l’entendre.

Prolonger : d’autres traces anciennes autour du Bonsoy

L’Entre-Sambre-et-Meuse est un livre d’histoire à ciel ouvert, et le Malgré-Tout n’en est qu’un chapitre. La réserve naturelle de Furfooz conserve des thermes romains et des grottes préhistoriques au-dessus d’un méandre de la Lesse. Plus près encore, l’abbatiale romane d’Hastière aligne mille ans d’architecture à quelques minutes du domaine. Et pour la nature pure et dure, nos merveilles du Viroin complètent parfaitement le tableau.

Pour ce genre de week-end — musées le jour, feu de bois le soir —, nous vous recommandons Woody, notre chalet le plus chaleureux, celui où l’on rentre avec les joues rouges et où l’on s’installe sans plus vouloir bouger.

Informations pratiques

  • Lieu : Musée du Malgré-Tout — Parc de la Préhistoire (ASBL Cedarc)
  • Adresse : Rue de la Gare 28, 5670 Treignes (Viroinval), Belgique
  • Téléphone : +32 (0)60 39 02 43
  • E-mail : secretariat@cedarc-mmt.be
  • Site web : museedumalgretout.be
  • Horaires : tous les jours — lundi au vendredi 9h30-17h30 ; week-ends et jours fériés 10h30-18h. Fermé les 01/01, 24, 25 et 31/12.
  • Tarifs : adultes 7 € · étudiants et seniors 5 € · 6-18 ans 3 € · moins de 6 ans gratuit · gratuit le premier dimanche du mois
  • Exposition temporaire : « Égypte Pluri’elles » jusqu’au 13 novembre 2026
  • Durée de visite : 1 à 2 heures
  • Accessibilité : parking, commodités PMR, animaux acceptés
  • Distance depuis les Bungalows du Bonsoy : environ 30 minutes en voiture

Venez voir d’où nous venons

On ressort du Malgré-Tout avec une drôle de sensation : celle d’avoir rendu visite à des voisins très anciens. Ils ont chassé dans les mêmes vallées, franchi les mêmes rivières, abrité leurs feux derrière les mêmes falaises calcaires. Trente minutes de route séparent votre terrasse de leur campement reconstitué.

Nos trois bungalows — Birdy, Woody et Serenity — vous accueillent toute l’année au cœur du Domaine du Bonsoy, à Hastière. Réservez votre séjour d’automne et offrez à votre famille un week-end qui remonte le temps.

Sources

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